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VINCENT VITTOZ REPOND A VOS QUESTIONS “De plus en plus respectés”

30.07.09


Vincent Vittoz, chef de file des fondeurs tricolores, n’a pas manqué de stimuler la curiosité des internautes de skichrono.com. Il a pris le temps de répondre par mail à toutes vos interrogations en nous livrant au passage quelques lignes directrices de la saison 2010, sa dernière saison olympique.

JOCELYN DAVID-RAISON :

Vincent, que pensez-vous du réchauffement climatique et comment voyez-vous l’avenir du ski de fond avec – à l’exception de cette année – des hivers de moins en moins enneigés ?

“Le réchauffement climatique est un vrai problème pour l’ensemble du ski. L’ensemble de l’activité doit avoir une réflexion à ce sujet. L’enneigement artificiel pourra sauver une partie de l’économie et surtout la compétition en permettant de skier sur de courtes boucles mais est-ce suffisant ? En tout cas, cette solution doit rester maitrisée et bien étudiée. Je pense que la pratique pourra toujours se faire sur des sites en altitude qui seront forcément privilégiés. Pour le moment, il faut vraiment profiter au maximum des hivers comme celui que l’on vient de connaitre. J’espère que ma fille connaitra aussi des hivers tout blanc pour pouvoir, si elle le souhaite, s’éclater avec des séances de ski au bleu extra (neige poudreuse) comme j’ai encore connu cet hiver. En tout cas, c’est pour cela que j’essaie à mon échelle d’avoir au maximum une attitude citoyenne pour ne pas amplifier encore plus ce phénomène.”

STEPHANE D’AMBROSI :

Vincent, y a-t-il une réelle différence de glisse entre un ski farté avec les farts que vous possédez et ceux que l’on se procure dans les magasins de sports ?

“Non. Une grande partie de nos caisses à fart contiennent les mêmes gammes de produits que l’on retrouve dans les magasins de sports auxquelles s’ajoutent quelques farts tests réservés aux équipes nationales mais qui ne sont pas toujours meilleurs. La différence se fera essentiellement sur l’expérience et le travail d’un staff de plusieurs personnes avec la possibilité de mélanger les farts et de créer de nouvelles combinaisons. Tout cela est assez complexe (et aussi onéreux, surtout pour un particulier). Et il faudra en plus ajouter la qualité du ski et la structure de la semelle. Du coup au final, oui un skieur de Coupe du monde, grâce au staff et au matériel qu’il a à disposition, a plus de chance d’avoir une meilleur glisse.”

PIERRE CHAPUIS (Grenoble) :

Avec le Tour de ski, la Coupe du monde et les Jeux Olympiques, quelle sera votre priorité hivernale pour la saison 2010 ?

“L’objectif majeur restera les Jeux Olympiques. Je ferai quelques impasses pour bien préparer ce rendez-vous ce qui m’empêchera de jouer la Coupe du monde. Malgré tout, le début de saison jusqu’au Tour de Ski restera important. De bons résultats permettront d’apporter plus de confiance et de valider le travail effectué jusque-là pour réussir à la mi-février.”

La France est-elle armée pour remporter une médaille olympique dans le relais masculin avec vous et Jean-Marc Gaillard en chefs de file ?

“Oui, la France a une chance de médaille sur plusieurs épreuves, notamment le relais. Nous avons plusieurs podiums en Coupe du monde et nous avons fait 4e aux derniers JO ce qui nous laisse de l’espoir surtout qu’avec l’arrivée des jeunes dans l’équipe (Gaillard, Manificat) il se créé une émulation qui est forcément bénéfique pour l’équipe.”

RICHARD V. (Annecy-le-Vieux) :

J’ai pu lire dans la presse que vous envisagiez de prendre votre retraite après les JO de Vancouver 2010. Avez-vous déjà une petite idée de ce que vous allez faire après ?

“Non.”

Des trois épreuves individuelles inscrites aux JO de Vancouver (30 km poursuite, 15 km individuel libre, 50 km mass-start classique) laquelle a votre préférence ?

“Le 15 km libre individuel est certainement ma plus grande chance mais la poursuite me réussi assez bien. C’est sûr que ce seront mes deux gros objectifs individuels de ces JO.”

Laquelle aimeriez-vous remporter ?

“N’importe laquelle cela m’est bien égal du moment qu’il y a une médaille au bout !”

Pour vous, quel sport “estival” se rapproche le plus du ski de fond (en dehors du ski-roue), notamment au niveau de la filière énergétique : nordic walking, course à pied, trail, roller, vélo de route, VTT, natation… ?

“Le trail (mais pas l’ultra) est la base pour se construire un bon physique en vue d’une saison de ski de fond, mais tous les sports d’endurance cités sont excellents pour progresser.”

E. BOSC :

Vincent, vous êtes le parrain du Team Haute-Savoie Nordic. Quel regard portez-vous sur ces structures destinées à être le chaînon entre les comités et les groupes fédéraux ?

“Elles sont indispensables dans le système actuel. Ni la fédération, ni les comités peuvent entrainer autant de coureurs au sein de leur groupe. Pour les seniors ce sont des structures vraiment utiles qui permettent à la France de conserver une masse de coureurs de bon niveau. Elle peut donner la chance à un skieur  (ce fut le cas pour Manu Jonnier, Alex Rousselet, Damien Ambrosetti, Cécile Storti, Aurore Cuinet, Anouk Faivre-Picon…) d’intégrer la Fédération ou de skier sur le circuit Coupe du monde. Je pense que cela créé de l’engouement dans les départements et les clubs, c’est très bien.”

Devant l’évolution du sport de haut niveau français (réduction draconienne des moyens et du nombre d’athlètes de haut niveau) qui affecte directement les équipes FFS, les teams seront-ils amenés à évoluer ? Dans quel sens ?

“Des coureurs expérimentés qui auraient été sélectionnés avant dans des groupes nationaux vont se retrouver dans ces teams. C’est une chance pour ces structures qui disposeront de leaders qui les feront progresser et qui permettront de mieux vendre l’ensemble de l’équipe. C’est peut-être aussi une chance pour l’athlète “en limite de sélection” qui pourra progresser dans un autre système que la Fédération. Malgré tout, je ne pense pas que l’on puisse avoir un jour dans notre sport des teams professionnels comme dans le vélo. Ils devront donc rester un complément à la structure fédérale (équipe nationale, comité et club) où chacun doit travailler ensemble pour le bien de la discipline.”

Par votre expérience et vos contacts/séjours à l’étranger, pouvez-vous nous dire comment est perçu le ski nordique de haut niveau français ? Qu’est ce qui vous parait faire sa force et a contrario, y a-t-il des éléments qui le desservent ?

“Même si nous ne sommes pas une nation majeure du ski de fond mondial, je pense que l’on est de plus en plus respectés. Les résultats de l’ensemble de l’équipe et aussi les excellentes organisations d’évènements internationaux (WM -U23, Coupe du monde La Clusaz, course OPA) nous rendent crédibles face à la concurrence étrangère. Malgré tout, nous avons encore des lacunes à cause du manque de gros partenaires et l’absence de télévision (hors Eurosport). Nous restons encore un peu trop “petit” avec un nombre trop faible de personnes vraiment impliquées dans la discipline. En tout cas, nous devons encore augmenter notre “standing” pour satisfaire la FIS et d’autres grandes nations comme la Norvège ou l’Allemagne.”

Au gré de vos stages et de vos compétitions, quel(s) site(s) vous a/ont le plus touché ? Pourquoi ?

“Je garde d’excellents souvenirs de beaucoup de sites. Il m’est vraiment difficile de détacher l’un du lot. Pour ne citer qu’un seul et parce que sur cette course tu es vraiment au c?ur du ski de fond, je garde un excellent souvenir de La Birkebeiner Rennet à Lillehammer.”

NICOLAS ET FLORENCE (Saint-Sauveur) : 

Comment trouvez-vous l’envie maintenant de repartir en stage de préparation avec la petite famille qui vous attend à la maison ?

“Je ne suis pas le premier et je ne serai pas le dernier sportif de haut niveau a être père de famille. Quand je suis chez moi, j’essaie de profiter au maximum de ma famille et puis grâce aux nouvelles technologies je peux beaucoup plus facilement rester en contact (merci internet et les webcams).”

Est-ce que votre vision de la compétition a changé depuis que vous êtes papa ?

“Non, pas fondamentalement. C’est toujours très exigeant de rester au top et parfois un peu égoïste. Peut-être que la paternité te fait prendre un peu plus de recul par rapport à cela.”

Cela fait longtemps que vous êtes sur le circuit, comment faites-vous évoluer votre préparation estivale ? Est-ce en fonction de vos propres sensations, de votre âge, de vos disponibilités, des évolutions d’entraînements… ?

“Cela fait maintenant plus de 10 ans que je fais à 90 % la même chose, il y a eu quelques évolutions mais le travail dans l’ensemble reste le même. Je pense maintenant assez bien me connaitre et je sais ce qui fonctionne pour que je sois en bonne forme. Après, le haut niveau se joue sur des détails et c’est là où tu peux faire la différence.”

Avez-vous une diététique particulière ?

“Non, j’ai des habitudes alimentaires que je pense variées et sans excès mais je ne me focalise pas trop dessus surtout pendant la période estivale où l’important est d’éviter toute carence afin de ne pas connaitre de grosse fatigue.”

Depuis 10 ans comment trouvez-vous l’évolution du ski de fond ? Des entraînements ? Des jeunes qui arrivent ?

“Il a énormément évolué, je pense qu’il est plus médiatisé, les formats de course sont nombreux et variés pour l’intérêt du public. Côté entrainement c ‘est le travail qui paie. Il n’y a pas d’évolution majeure, l’aérobie est la base. Il y a eu des évolutions au niveau de la technique et de la puissance, par exemple les skieurs sont un peu plus droit et surtout de plus en plus gainés. Les jeunes vont certainement être plus polyvalents à l’image de Northug ou Cologna, Ils ont grandi avec le sprint et la distance , les courses individuelles ou en masse, ils savent mieux appréhender tous ses formats que ma génération qui a dû s’adapter à l’âge de 25 ans.”

Vos résultats ont été un véritable moteur pour beaucoup de coureurs, pensez-vous avoir l’importance d’un Balland, d’un Guy en France ? Et est-ce que cela a une quelconque importance pour vous ?

“J’ai essayé de donner le meilleur de moi pour ne rien avoir à regretter le jour où j’arrêterai. Je n’ai pas assez de recul pour voir l’influence de ma carrière sur les plus jeunes. C’est bien si mon exemple peut servir mais chacun doit faire son chemin.”

Pourquoi actuellement les fondeurs français semblent-ils manquer de puissance par rapport aux autres (notamment en fin de course) ? Est-ce une impression ou une réalité ?

“Cela dépend des coureurs. Personnellement c’est une réalité mais cela a toujours été une lacune, par contre je pense par exemple que la ligne droite de Jean-Marc Gaillard n’a rien à envié face aux meilleurs mondiaux hormis Northug qui est au dessus du lot.”

Concernant votre vie dans le Vercors, êtes-vous plus Cheval de fer ou soirée feu de bois ?

“Veillée en famille.”

>>Le biathlète Simon Fourcade sera le prochain à vous répondre. N’hésitez à nous envoyer vos questions dès maintenant à l’adresse suivante : skichrono@ledauphine.com

Publié en collaboration avec


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